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Reconstituer ce que le témoin a vu.
Dessinez la forme. Enregistrez son mouvement. Rejouez-la sous le ciel qui se trouvait réellement au-dessus de ce lieu, à cette heure, ce jour-là — le Soleil, la Lune, les étoiles, la météo relevée, le sol lui-même. Pas une vue d'artiste : une reconstitution que n'importe qui peut vérifier.
Deux usages#
Décrire votre propre observation
Dessinez ce que vous avez vu, enregistrez son mouvement, puis dites quand et où — et le ciel de cet instant apparaît derrière, avec la météo qui était relevée. Corrigez la forme jusqu'à ce que cela corresponde. Ce que vous obtenez est un fichier qui est le vôtre : il n'y a pas de compte, et rien n'est téléversé.
L'intégrer à votre site
Deux lignes de HTML posent une reconstitution dans un article, un dossier ou un rapport — votre enregistrement, sur votre hébergement, sous votre nom. Aucun framework, aucune compilation, aucune dépendance à ce site dès lors que vous avez les fichiers. Utilisez-le, modifiez-le, redistribuez-le, forkez-le.
Deux principes#
Contextualiser#
D'abord, ce qui se vérifie. Reproduire aussi fidèlement que possible les conditions vérifiables de ce lieu et de cet instant, et la scène répond : voici une explication qui s'accorde à ce qui était réellement là-haut, et voici celle que ce ciel vient d'exclure. Le témoin fournit le phénomène ; rien d'autre n'est laissé à la mémoire.
Le ciel
Soleil, Lune et sa phase, planètes, étoiles, Voie lactée et lumière zodiacale, placés par éphémérides pour cet instant et ce lieu. Ce qui est dessiné s'arrête où s'arrêtait l'œil qui regardait — et là où c'est la donnée qui s'arrête, l'outil le dit plutôt que de dessiner un ciel plus vide que ne l'était la nuit. Pointez n'importe quoi et cela se nomme.
Ce qu'il y avait d'autre là-haut
Comètes, novae et supernovae, pluies de météores, satellites — chacun n'est dessiné que s'il pouvait être vu de là, à ce moment-là. Être éclairé n'est pas être vu, et c'est l'ombre de la Terre qui tranche.
La glace et l'eau
Halos, parhélies, piliers, arcs tangents et circumzénithaux, arcs-en-ciel et arcs lunaires. Aucun de ces angles n'est stocké : ils sortent de l'indice de réfraction de la glace et de la forme d'une goutte, ce qui garde tout le cortège cohérent avec le Soleil qui l'a fait.
La météo de ce jour-là
Nuages, pluie, neige, orages et vent, lus dans une réanalyse mondiale et horaire qui remonte à 1940 et keyframés le long de l'observation. Les nuages forment des couches métriques distinctes avec leurs propres type, épaisseur, taille, densité et mouvement ; des volumes individuels peuvent être déplacés pour vérifier s'ils masquent réellement le phénomène. La requête exacte reste vérifiable.
Le sol
Relief réel et imagerie aérienne autour du témoin, et le décor qui s'est interposé : bâtiments, arbres, lampadaires, véhicules, vitrages, autres témoins. À quelle hauteur il se tenait se relève d'où il se tenait, et on ne peut placer personne sous le sol.
L'instrument
Un œil n'est pas un objectif, et c'est l'appareil qui décide de l'image : seuls les réglages qu'il pouvait réellement avoir sont proposés, un appareil qui n'existait pas encore est signalé face à la date, et c'est lui — non le témoin — qui fixe ce qui pouvait être enregistré. D'où tant de récits de « ciel plein d'étoiles » accompagnés d'une photographie noire et vide.
Une photo des lieux
Tout ce que la scène dessine est calculé, et rien ne distingue une reconstitution fidèle d'une reconstitution vraisemblable. Une photo du même endroit, si : posée sur le rendu à l'opacité qu'on veut, recalée sur deux ou trois repères, elle montre chaque arbre que le relief ignorait — et rend le cap que le témoin avait réellement, comme une mesure.
Chaque source est nommée là où sa donnée est rapportée, et peut être remplacée par une autre — le sélecteur est le crédit. D'où vient chacune, ce qu'elle donne et où elle s'arrête : vérifier ce que la scène affirme. Ce qui manque encore est sur la page des futures évolutions.
Borner les hypothèses#
À partir de ce qui est connu avec assez de certitude et de ce que le témoin rapporte, cerner ce que le phénomène a pu être, sans adopter d'emblée l'interprétation qu'en fait le témoin. Un témoignage est un angle, pas une mesure : il ne dit pas qu'un objet était là, ni à quelle distance. Confronté à la scène, il en dit pourtant beaucoup : quelles tailles vont avec quelles distances, une distance bornée dès que le phénomène est passé devant ou derrière quelque chose dont la position est connue, quels candidats de ce ciel lui conviennent et lesquels il exclut.
Personne ne perçoit des mètres. Un témoin perçoit un angle : la chose couvrait un ongle de pouce à bout de bras, un cinquième du pare-brise, deux pleines Lunes. « Une trentaine de mètres de long » est une conclusion tirée d'une distance qu'il ne percevait pas davantage, et les deux erreurs se multiplient.
Un enregistrement UFO@home retient donc la taille apparente de l'objet, en degrés, et ne stocke nulle part une taille ni une distance réelles. Les mètres ne reviennent que dans un cas : quand l'objet a été vu passer derrière ou devant quelque chose dont la position est connue. C'est une inégalité, et l'outil la présente comme telle — y compris, le plus souvent, « inconnue ».
L'objet est dessiné comme une forme plate dans le champ de vision du témoin, jamais comme un corps solide placé dans l'espace. C'est délibéré. Supposer un engin à une distance donnée est déjà une interprétation, et cela écarte en silence les explications qui comptent le plus : un halo, une planète, un satellite, le phare d'atterrissage d'un avion, un nuage lenticulaire. Une forme 2D ne suppose que ce que le témoin a réellement affirmé : voilà ce qui est parvenu à son œil.
C'est pourquoi un dossier à plusieurs témoins fait plusieurs enregistrements, et non un seul. Chacun énonce ce qu'une personne a vu d'où elle se tenait, et une reconstitution permet de passer de l'un à l'autre — le lecteur par un sélecteur, l'auteur en plaçant les autres dans la scène et en ouvrant leur récit depuis là. Deux personnes à cent mètres l'une de l'autre n'ont pas vu la même chose, et le format est fait pour que cette différence ait où se loger.