Évolutions · Du côté du témoin

Ce que l'on sait des témoins.

Ce que les études de la perception et de la mémoire des observateurs établissent, et ce qu'UFO@home devrait en faire. Aucune source n'y fait autorité seule : chaque piste indique si elle est établie par plusieurs études indépendantes, repose sur une étude unique, est seulement argumentée, ou discutée parce que les sources se contredisent.

Perception#

Les mètres ne sont pas des données ; les angles, le nombre et la disposition le sont établi#

Sur des rentrées vues par des centaines de personnes, distances et altitudes énoncées sont fausses d'un facteur dix ou plus quelle que soit la réalité (Zond IV a été placée de la cime des arbres à 18 000 m, pour un objet à 160 km), quand la taille angulaire, le nombre de lumières, leur disposition et le cap concordent. Les mètres ne reviennent qu'ancrés : un objet de taille connue, une occultation, une triangulation entre observateurs éloignés et indépendants.

Sources : Hartmann, rapport Condon, 1968, Rospars, 2023, Bullard, 2014, Hendry, The UFO Handbook, 1979, Besse, note technique 2 du GEPAN, 1980, Oberg, 1994.

Taille angulaire énoncée discuté#

Invitées à mesurer la Lune à bout de bras, 238 personnes ont répondu 7 cm en moyenne pour 0,5 cm, et un cas du GEIPAN a dessiné un avion 30 fois trop gros. Mais des tailles montrées à la main sur le moment étaient justes à 2 à 17 % près, seule une taille rappelée par un objet familier étant 30 % trop grande ; et pour les avions, une « grande » taille était souvent l'écart entre les feux extrêmes. Demander à l'observateur de montrer la pleine Lune de la même façon mesure son propre facteur.

Sources : Peiniger, 1998 (repris en 2023), Passot, 2023, Keul, 2023, Hartmann, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

La hauteur est surestimée, et une lumière basse est placée à l’horizon établi#

Au-delà de 30 à 45°, un objet est souvent dit « au-dessus de la tête » ; sur 196 cas astronomiques identifiés, des estimations de 25-40° étaient à 10° ou moins quatre fois sur dix. Une lumière sous 5° environ est placée à la distance de l'horizon ou de l'obstacle qu'elle surplombe, même la pleine Lune : une Vénus couchante « s'est posée à l'école ». Le modèle de terrain donne cette distance, ce qui rend l'énoncé vérifiable.

Sources : Wertheimer, rapport Condon, 1968, van Utrecht, 2023, Jimenez, note technique 10 du GEPAN, 1981, Maugé sur Jimenez, 2023, Hartmann, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

La direction en travers de la ligne de visée, et son sens établi#

Une trajectoire lointaine est vue en travers de la ligne de visée : son cap est fiable à 45° près environ, et deux observateurs ne se contredisent que s'ils donnent des sens opposés. La position de chacun prédit le sens : au sud d'un bolide il passe de gauche à droite, au nord de droite à gauche.

Sources : Rospars, 2023, Hartmann, rapport Condon, 1968, Bolide AMS n° 2908 (rr0.org), Hendry, The UFO Handbook, 1979.

Des mouvements qui n’en sont pas établi#

Une lumière seule sur un ciel noir semble vite bouger ; un avion qui vient droit sur l'observateur semble immobile ; une lumière qui s'éteint semble partir ; une fusée qui s'éclaire en s'éloignant semble approcher ; une étoile « suit la voiture ». Chacun a son test géométrique une fois le candidat placé dans la scène.

Sources : Wertheimer, rapport Condon, 1968, Rhine, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979, Oberg, 1994, Borraz, 2023.

Des lumières réunies en un corps établi#

Une suite de points est vue comme des feux ou des hublots sur une coque sombre : des témoins de Zond IV ont décrit le cigare aux hublots éclairés de l'observation Chiles-Whitted de 1948, et la procession de bolides de 1913 était déjà « deux rangées de lumières ». Des « hublots » n'excluent pas un bolide ; la question est de savoir si un corps a été vu entre les lumières.

Sources : Hartmann, rapport Condon, 1968, Bullard, 2014, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

Le mot employé discuté#

Jimenez a trouvé que plus le mot est fort (lumière, objet, engin, ovni), plus les détails métriques sont précis et faux, et qu'un expérimentateur disant « ovni » faisait passer ces appellations de 18 % à 68 %. Une étude de 300 procès-verbaux de rentrées n'a pas retrouvé le lien avec la distance. Ce qui fait accord : les récits les plus longs et détaillés ne sont pas les plus justes.

Sources : Jimenez, note technique 10 du GEPAN, 1981, Maugé sur Jimenez, 2023, Rospars, 2023, Hartmann, rapport Condon, 1968.

La couleur discuté#

La couleur principale d'une rentrée concordait chez 77 % des observateurs, mais les témoins d'une pluie de météores en 1962 ont donné presque toutes les couleurs ; un œil adapté à l'obscurité déduit la couleur d'une lumière faible, et le vert d'un avion est souvent dit bleu.

Sources : Rospars, 2023, Smith, The UFO Enigma, 1983, Wertheimer, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

Le temps#

Heure, date et durée établi#

La date est juste pour 98 %, l'heure à quelques minutes près pour neuf observateurs sur dix, la durée à un facteur trois près. Une horloge lue sur le moment l'emporte sur toute estimation : au Yukon en 1996 les estimations s'étalaient sur trois heures, et les deux qui avaient regardé une horloge tombaient sur la rentrée. La durée est aussi la variable que la sélection des cas déforme le moins.

Sources : Rospars, 2023, Peiniger, 1998 (repris en 2023), Bullard, 2014, Besse, note technique 2 du GEPAN, 1980, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

Une date fausse argumenté#

Quand rien ne colle, la Lune ou une planète colle souvent un jour, un mois ou un an plus tôt ou plus tard : un cas polonais daté de 1980 était de 1979, et sa « boule » a disparu au coucher de Lune calculé derrière une crête. Décaler la date, l'heure, l'heure d'été et la direction est une vérification en soi.

Sources : van Utrecht, 2023, Borraz, 2023, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

Mémoire et influences#

Répétition et délai établi#

Chaque interrogatoire fait baisser le rapport des détails justes aux faux (de 3,5 à 1,39 entre le premier et le deuxième, dans des expériences sur de faux délits), et les témoins de météores se trompaient pour la plupart au bout d'un ou deux jours. Une première interprétation, une fois formée, résiste à la correction. La version la plus ancienne pèse le plus.

Sources : Sharps, 2023, Smith, The UFO Enigma, 1983, Hartmann, rapport Condon, 1968.

Les versions d’un récit établi#

Les tailles grandissent, les directions s'inversent et les dates bougent d'une version à l'autre d'un même récit et d'une publication à l'autre ; la presse a prêté aux témoins des zigzags qu'ils démentent. Chaque version datée devrait être gardée et comparée champ par champ.

Sources : Oberg, 1994, Bullard, 2014, Besse, note technique 2 du GEPAN, 1980, Carlson, 2023.

La reconnaissance, et la façon de poser les questions établi#

On reconnaît des images bien mieux qu'on ne les décrit (plus de 98 % sur le moment). Les questions ouvertes déforment moins que les fermées ou suggestives, et les attentes de l'enquêteur façonnent les réponses. D'où l'ordre : un récit libre, puis un choix parmi des vues rendues, et les questions conservées avec les réponses.

Sources : Shepard, 1968, Wertheimer, rapport Condon, 1968, Rospars, 2007, Bullard, 2014.

Médias, attente, hypnose et retours établi#

Des témoins de Zond IV n'ont trouvé l'observation étrange qu'après la télévision, une vague peut naître d'une étoile vue aux jumelles, et s'entendre dire qu'un lieu est un « point chaud » change des poussières en vaisseaux. L'hypnose produit de faux souvenirs, et un retour qui confirme accroît l'assurance sans accroître la justesse. Ce que l'observateur avait lu, vu ou entendu avant chaque version fait partie du dossier.

Sources : Hartmann, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979, Besse, note technique 2 du GEPAN, 1980, Sharps, 2023, French, 2023, Rhine, rapport Condon, 1968, Kelley-Romano & Bradfield Douglass, 2023.

Plusieurs observateurs#

L’indépendance établi#

Un groupe qui regarde une même lumière converge vers un même récit ; trois cas identifiés sur quatre chez Hendry avaient plusieurs témoins, et ont été mal perçus tout de même. N récits ne font N confirmations que si les observateurs ne se sont pas parlé, ont été interrogés séparément et ont témoigné avant la presse. Le GEPAN notait déjà les cas sur le nombre, l'indépendance et les croyances préalables.

Sources : Rhine, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979, Hartmann, rapport Condon, 1968, Jimenez, note technique 10 du GEPAN, 1981.

Combien auraient dû le voir étude unique#

Les signalements croissent avec la population en vue multipliée par la durée : environ un signalement pour six millions de personnes-secondes pour les bolides brillants. L'empreinte de visibilité que calcule l'outil donne cette population : un observateur unique d'un grand objet bas au-dessus d'une ville devient alors étrange par le silence de tous les autres.

Sources : Hartmann, rapport Condon, 1968, Smith, The UFO Enigma, 1983.

L’observateur#

La profession discuté#

Pilotes et astronomes ne se montrent pas plus fiables : un astronome réputé a pris des avions à réaction pour une lumière orange lente, et les pilotes sont formés à voir en toute lumière un avion en route de collision. À l'inverse, Haines défend les récits de pilotes, et les propres chiffres du Blue Book donnaient plus d'inconnus parmi les rapports les mieux notés. Ce qui compte est que l'expertise corresponde au stimulus.

Sources : Hartmann, rapport Condon, 1968, Oberg, 1985, Oberg, 1994, Hendry, The UFO Handbook, 1979, Haines, 2023, rapport spécial 14 du Blue Book, 1955.

État et conditions d’observation établi#

L'adaptation à l'obscurité, la fatigue, l'alcool ou un médicament, une vue corrigée, une lumière vive récente (images rémanentes), des jumelles sur une étoile qui scintille, une vitre, un pare-brise ou un échappement de réacteur interposé : chacun change ce qui atteint l'œil, et chacun est un champ que l'enregistrement peut retenir.

Sources : Wertheimer, rapport Condon, 1968, Rhine, rapport Condon, 1968, Hartmann, rapport Condon, 1968, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

Les candidats#

Ce que sont d’habitude les lumières nocturnes étude unique#

Sur 1 024 lumières nocturnes identifiées par Hendry : étoiles et planètes 35 %, avions publicitaires 22 %, avions 19 %, météores et rentrées 11 % ; la Lune 2 %, là où une étude française l'a trouvée dans un cas sur cinq. Ces taux dépendent du lieu et de l'époque : ce sont des a priori à fixer par échantillon, pas des constantes.

Sources : Hendry, The UFO Handbook, 1979, Maillot & Abrassart, 2023.

Les signatures établi#

Le silence n'exclut jamais un avion (91 % des avions publicitaires volant bas n'ont pas été entendus) ; les rentrées sont plus lentes, plus rasantes et plus longues que les météores, souvent vers l'est, avec de nombreuses lumières en file vues à des centaines de kilomètres d'écart ; les panaches de lancement restent éclairés jusqu'à une heure et le vent les tord en « manœuvres ».

Sources : Hendry, The UFO Handbook, 1979, Oberg, 1985, Oberg, 1994, Hartmann, rapport Condon, 1968, Young, 2023.

Une explication doit être possible elle aussi argumenté#

Pour que les lumières vues à Exeter soient un avion ravitailleur, il devait être à moins d'un mille et voler à 16 km/h : c'est l'explication qui échoue, pas le récit. Chaque candidat est testé sur ce que l'observateur pouvait séparer et sur le temps qu'il reste en vue, et aucun ne peut contredire un fait établi comme un journal de vol.

Sources : Bullard, 2014, Rospars, 2007.

L’évaluation#

Données manquantes et sélection établi#

Un tiers d'un catalogue de pilotes n'a ni date ni heure ; l'éclat manque dans deux rapports du Blue Book sur trois. Sélectionner les cas sur la crédibilité biaise la profession et l'âge, sur l'étrangeté la forme et la vitesse, et le canal de signalement décide de qui signale. La complétude est notée, et l'avis d'expert conservé plutôt qu'employé comme filtre.

Sources : Printy, 2023, rapport spécial 14 du Blue Book, 1955, Besse, note technique 2 du GEPAN, 1980.

Les cas expliqués comme groupe témoin établi#

Les signalements identifiés viennent des mêmes personnes, pour les mêmes raisons, que les non identifiés. Un trait n'est anormal que s'il diffère du même trait dans les cas expliqués : le pic du soir, par exemple, est le même pour les deux.

Sources : Hendry, The UFO Handbook, 1979, Leduc, 2023, Besse, note technique 2 du GEPAN, 1980.

Mensonges et méprises établi#

Les indices verbaux de mensonge atteignent 70 à 78 % environ sur des échantillons et ne tranchent jamais un récit isolé, et un témoin qui se méprend passe n'importe quel détecteur de mensonge. Le doute exprimé et les corrections spontanées plaident pour un récit, pas contre lui.

Sources : Analyse de validité des déclarations (rr0.org), Martins, 2023, Hendry, The UFO Handbook, 1979.

À lire, et pas encore sur rr0.org#

Plusieurs études dont dépendent ces pistes ne sont connues ici que par des résumés : la thèse de Manuel Jimenez sur la perception des témoins (1994) et ses notes techniques du GEPAN, l'étude des indicateurs d'indépendance entre témoins d'Askevis-Leherpeux et Cavé (GEPAN, 1981), les expériences de Hans-Werner Peiniger (1998) et d'Alexander Keul, l'étude des dessins de Richard Haines (1979), l'opération Saros sur les méprises lunaires (2019), le Hynek UFO Report (1977) pour les chiffres sur les pilotes, et les mesures de la mémoire des témoins de Matthew Sharps. Les lire dans le texte est la prochaine étape, avant qu'une piste ne devienne une vérification. La liste complète, avec les références, est dans le dépôt (en anglais).